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MLEPEN

Publié le 03/04/2025 à 18:01 par papilacabane Tags : sur vie france coup article annonce arthur cadre carte pouvoir

Condamnation de Marine Le Pen : l’offensive de la leader du RN contre l’État de droit

Analyse

Article réservé à nos abonnés. Marine Le Pen à l’Assemblée nationale, le 1er avril.

Marine Le Pen à l’Assemblée nationale, le 1er avril. ARTHUR N. ORCHARD / Hans Lucas via AFP

Depuis sa condamnation le 31 mars, Marine Le Pen s’en prend frontalement à la justice et au « système » en misant sur la colère populaire, tout en dénonçant une atteinte à « l’État de droit ». Une stratégie compliquée et à haut risque pour la leader du RN, mais aussi pour la démocratie et les institutions.

Mises en cause des juges traités de « tyrans », dénonciation du « système » et des « élites », pétitions et rassemblement de rue… Depuis lundi, le Rassemblement national (RN) mène la contre-offensive après la condamnation de Marine Le Pen et d’autres cadres du parti. « Jouer la carte de la trahison du peuple par les institutions, c’est historiquement un grand classique des courants populistes », observe le sociologue Gérald Bronner, spécialiste du conspirationnisme, qui a établi la comparaison avec ce que fait Donald Trump aux États-Unis.

Dès sa première intervention, lundi 31 mars au soir, Marine Le Pen a toutefois ouvert une nouvelle brèche, là où on ne l’attendait pas. « L’État de droit a été totalement violé par la décision qui a été rendue », a-t-elle clamé au journal de 20 heures de TF1.Elle ne cesse depuis de nourrir ce récit : en prononçant une peine d’inéligibilité immédiate, les juges la privent, « sans recours possible »,d’une candidature à la présidentielle de 2027, au mépris du principe de séparation des pouvoirs et de la liberté des électeurs.

Appel avant l’été 2026

Concernant les droits de la défense, l’argument de la députée est difficilement audible. Alors que Marine Le Pen a fait appel de la décision rendue en première instance, la cour d’appel de Paris a annoncé mardi soir qu’elle traiterait « ce dossier dans des délais qui devraient permettre de rendre une décision à l’été 2026 ». Une rapidité dans laquelle certains ont même vu un traitement de faveur. La procureure générale Marie-Suzanne Le Quéau a tenu à faire une mise au point, jeudi, dans Le Parisien : la justice avait anticipé ce recours et c’est précisément pour ne pas être « prise en otage par l’actualité politique »qu’elle s’est organisée pour juger rapidement.

L’avocat de la députée a vu dans cette accélération un désaveu de la décision du tribunal. Mais pour le professeur de droit et ancien ministre socialiste de la justice Jean-Jacques Urvoas, « cette stratégie de surenchère est très risquée ». Le jugement de plus de 150 pages détaille le déni total dans lequel s’est enfermé le RN durant deux mois de procès pour justifier l’inéligibilité. Jean-Jacques Urvoas rappelle qu’en 2004 Alain Juppé, dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, avait obtenu en appel une réduction de peine d’inéligibilité de dix ans à un an, en raison de son changement de ligne de défense.

Des élus qui reprochent aux juges d’appliquer la loi qu’ils ont votée

Pour l’instant, en engageant un rapport de force avec la justice, Marine Le Pen ne semble pas dans cette disposition. « En appel, ce ne seront plus les mêmes magistrats et elle ne pourra pas refaire le coup du juge rouge »,anticipe Jean-Jacques Urvoas.

Marine Le Pen annonce par ailleurs qu’elle va saisir la Cour européenne des droits de l’homme et introduire une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur l’application immédiate de l’inéligibilité. Une situation assez paradoxale pour l’ancienne candidate à la présidentielle, qui s’était engagée à supprimer le Conseil constitutionnel et à délier la France du carcan de la justice européenne, des institutions qui incarnaient selon elle alors les excès de l’État de droit !

Constitutionnaliste, Anne Levade donne une définition de l’État de droit. « C’est l’État qui impose et qui s’impose à lui-même une règle de droit. » En l’occurrence, l’application provisoire de l’inéligibilité s’inscrit dans le cadre d’un durcissement du droit pénal voulu par la représentation nationale afin de moraliser la vie politique. « La prééminence de la règle est fondée sur le fait qu’elle est le produit de l’exercice de la souveraineté du peuple », insiste Anne Levade pour souligner combien il est paradoxal d’entendre des élus reprocher aux juges d’appliquer la loi qu’ils ont votée. Le groupe d’Éric Ciotti, allié du RN, défendra le 26 juin une proposition de loi pour supprimer l’exécution provisoire. Mais l’initiative a peu de chances d’aboutir tant elle apparaîtrait comme une loi d’exception.

Marine Le Pen entend bien convaincre les citoyens que la justice leur vole leur droit de vote. « Le pays est en train de vaciller sur ses principes, sur ses valeurs »,met-elle en garde. L’État de droit ne fait pourtant nullement de l’éligibilité un droit absolu. L’État de droit, rappelle Gérald Bronner, ne repose pas « sur l’existence d’un pouvoir paré de toutes les vertus mais sur la séparation de pouvoirs qui se contrôlent et s’équilibrent ». En jouant la voix du peuple contre la justice, Marine Le Pen renforce une tendance lourde « de remise en cause des institutions » qui inquiète au plus haut point Anne Levade. La juriste y voit le symptôme d’une « fragilisation profonde de la démocratie »qui va bien au-delà de la crise provoquée par Marine Le Pen.