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A L'EGLISE DE STMARTIN DE VIC

Publié le 30/06/2025 à 16:19 par papilacabane Tags : sur cheval bonne roman vie france place saint trot chez enfants article femme maison centre film

À l’église de Saint-Martin de Vic, l’énigme des flamboyantes fresques médiévales

Récit

Article réservé à nos abonnés. L’église de Saint-Martin de Vic (Indre) renferme 180 m2 de fresques du XIIe siècle aux ocres vives. Ici, l’arrestation de Jésus.

L’église de Saint-Martin de Vic (Indre) renferme 180 m2 de fresques du XIIe siècle aux ocres vives. Ici, l’arrestation de Jésus. DRÔLE DE TRAME

Récemment rouverte au public après deux campagnes de restauration, l’église de Saint-Martin de Vic, dans le Berry, offre le spectacle éblouissant de fresques romanes. Peintes au XIIe siècle par un seul et même artiste, le maître de Vic, dont l’identité reste inconnue.

C’est le genre de découverte dont on imagine qu’elle pourrait faire l’objet d’un film. Un peu à la manière des peintures rupestres préhistoriques de Lascaux ou de Chauvet, les superbes fresques de Saint-Martin de Vic, au cœur du Berry, joyau de l’art roman qui vient d’être restauré avec soin, ont été découvertes un peu par hasard.

Nous sommes le 6 décembre 1849. À l’aide d’une pointe de couteau, l’abbé Jean-Baptiste Périgaud veut desceller un retable de sa modeste église de Saint-Martin de Vic, près de La Châtre. L’édifice, qui a été transformé en grange à blé lors de la Révolution française, est en piteux état. Celui qui vient d’arriver comme curé de la paroisse cherche à lui redonner son lustre en commençant par dégager l’accès à une fenêtre de l’abside. C’est un véritable trésor qu’il met au jour : sous le badigeon blanc qui s’effrite apparaissent des ocres jaunes ou rouges.

Érudit et curieux, le prêtre ne s’arrête pas en si bon chemin, et en continuant à gratter l’enduit se retrouve nez à nez avec Moïse ! La fresque du XIIe siècle qu’il a découverte est masquée depuis plusieurs siècles sous cinq couches de peinture. Témoignant de cette trouvaille miraculeuse, un carnet paroissial, conservé dans les archives du diocèse de Bourges, est reproduit dans les vidéos pédagogiques du centre d’interprétation très récemment ouvert à l’occasion de la restauration de l’église.

Un seul et même artiste

Redescendu de son échelle, l’abbé Périgaud en appelle à George Sand, dont le domaine est situé à quelques foulées de cheval du lieu de culte, dans ce pays de dense bocage qu’elle a surnommé la « Vallée noire ». Quand la femme de lettres, alors au sommet de sa gloire, vient la visiter, elle admire les 180 m2 de fresques dégagées en quelques jours dans le chœur et sur le mur sud de la nef. Soit une vingtaine de grandes scènes tirées du Nouveau Testament et quelques épisodes de l’Ancien. « Toute l’église en est bariolée », écrit-elle. Le commentaire n’est pas franchement à la hauteur de la beauté et de la qualité des peintures exécutées selon une technique bien particulière.

« L’ensemble du décor du chœur a été réalisé “a fresco” autour de 1130 »,raconte Rémi Desalbres, architecte du patrimoine de l’agence Arc&Sites en charge de la restauration. « Ce qui veut dire que l’artiste peint sur l’enduit encore frais. Une technique qui a le mérite d’accentuer l’intensité du pigment. Une intensité que nous avons cherché à retrouver et qui n’a pas été vue depuis le XIIe siècle ! » L’impression est saisissante : une vie de Jésus aux couleurs vives, notamment un rouge carmin flamboyant pour la tunique du Christ, accueille les fidèles et les visiteurs.

Inconvénient de la peinture a fresco : l’enduit ne reste frais qu’une journée. « Cela a donc été forcément peint rapidement, l’artiste travaillant sur une scène horizontale par jour, précise l’architecte. Raison pour laquelle on pense que c’est un seul et même peintre qui a réalisé cet ensemble exceptionnel. Nous ne connaissons pas son nom, mais au vu de son savoir-faire, nous l’avons appelé le maître de Vic. »

Une vingtaine de scènes tirées du Nouveau Testament

Le talent de ce maître éblouit notamment quand il s’agit d’illustrer les temps forts de la vie du Christ. Son arrivée à Jérusalem, sur un cheval au trot, accueilli par des disciples suspendus aux arbres, est d’une incroyable vivacité dans le trait. Sans parler de la représentation de son arrestation : quel mouvement dans le drapé des vêtements, quelle expressivité dans le regard de ses disciples, quel dynamisme dans le pas de celui qui défile en tête, une croix sur l’épaule !

Scène rare dans l’art monumental : la purification des lèvres d’Isaïe, dans laquelle le séraphin qui tend le charbon ardent au prophète est partiellement hors champ, le haut de son corps étant dissimulé sous un halo de lumière. En lieu et place du charbon, une cavité a même été aménagée pour accueillir au bout de ses doigts une partie en verre ou en métal, disparue depuis, afin de donner à la peinture un éclat de réalité. Tout cela dégage un sentiment d’une incroyable modernité.

Une séparation nette entre la nef et le chœur

Ces superbes décors témoignent de la richesse du Berry au Moyen Âge, terre agricole fertile où se développe aussi la production de laine et donc de draps. Mais à l’époque, ces merveilles picturales étaient réservées aux clercs. Comme dans de nombreuses églises romanes de la région, Saint-Martin de Vic voit une séparation nette entre la nef et le chœur. « Cela correspond à la liturgie de la période », explique Annick Dussault, attachée de conservation du patrimoine à la communauté de communes La Châtre-Sainte-Sévère.

« Les prêtres commencent à avoir une place particulière, leur mariage a été interdit à la fin du XIe siècle, donc les fidèles ne peuvent plus pénétrer dans le chœur. » Sur la voûte de la porte arquée séparant la nef du chœur a même été peint un chevalier terrassant des vices… « L’espace de l’église est structuré par la peinture : la nef, pauvre en images, symbolise le pèlerinage vers le chevet, saturé de fresques, incarnation du lieu divin. »

Vue intérieure de l’église Saint-Martin de Vic depuis le chœur.

Vue intérieure de l’église Saint-Martin de Vic depuis le chœur. Anthony PERROT / ARC&SITES Architectes

Le maître de Vic a-t-il peint ailleurs ?

En 1849, George Sand est loin d’être insensible à la découverte de l’abbé Périgaud. Elle envoie les croquis réalisés à Saint-Martin de Vic par son fils Maurice, élève de Delacroix, à son ami, l’écrivain Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments historiques, et Jean-Baptiste Antoine Lassus, architecte spécialiste du Moyen Âge. « Trois mois plus tard, le 18 janvier 1850, sur la bonne foi de George Sand, sans avoir vérifié, les fresques sont classées monument historique », sourit Rémi Desalbres.

Depuis, de nombreuses campagnes de restauration ont été entreprises. « Malgré le classement, ces travaux ont contribué à la dégradation des fresques, notamment dans les années 1930, avec l’emploi de vernis qui ne sont plus utilisés aujourd’hui,déplore l’architecte. Les couches picturales décollées sont réappliquées avec des glus spéciales et les anciennes restaurations sont retouchées à l’aquarelle. » Le choix a été fait de ne pas reconstituer les lacunes, l’œil faisant le complément, pour respecter l’œuvre du maître de Vic.

Ce mystérieux peintre aurait-il œuvré ailleurs qu’à Saint-Martin ? « Sans doute, mais on ne sait pas où », répond Rémi Desalbres, persuadé que de nombreuses autres fresques romanes restent à découvrir dans la région, comme peut-être à Lys-Saint-Georges, et ailleurs en France. « Hélas, on pioche pour aller vite,peste l’architecte. Mais le monument est l’archive la plus riche, il faut sensibiliser les élus au fait qu’un enduit recouvre parfois des merveilles. »

repères

Le Berry, riche en fresques romanes

À Lourouer-Saint-Laurent (Indre),l’église recèle de très belles fresques romanes des XIIe et XIIIsiècles redécouvertes dans les années 1980 et restaurées dans les années 1990, notamment Marie Madeleine lavant les pieds du Christ lors du repas chez Simon le Pharisien, la crucifixion, ou encore un émouvant Saint-Nicolas sortant les enfants du saloir.

À Brinay (Cher), le chœur de l’église Saint-Aignan est recouvert de peintures murales réalisées au milieu du XIIe siècle et découvertes en 1913 : huit grandes figures d’Apôtres entourent un cycle consacré à la vie du Christ.

À Vesdun (Cher), l’église Saint-Cyr offre des fresques du XIIIe siècle découvertes en 1984 sur la voûte du chœur, notamment une émouvante Annonciation.

À Nohant-Vic (Indre), un centre d’interprétation adjacent à l’église Saint-Martin a été installé dans une ancienne maison berrichonne, restaurée pour l’accueillir. Le dispositif de médiation aménagé dans l’église, ouverte de 9 heures à 19 heures, est escamotable pour ne pas gêner le culte.