Thèmes

soi sur gratuit vie france saint presse jeux chez enfants article centre 2010 marne cadre bonne

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· CULTURE (67)
· L'ACTUALITE (65)
· JARDIN (80)
· LA LECTURE (114)
· HUMEUR,HUMOUR ! (47)
· LES SCIENCES (85)
· RELIGION (65)
· HISTOIRE DE LA FAMILLE (47)
· PRIER (70)
· POESIE (62)

Rechercher
Derniers commentaires Articles les plus lus

· MILLARDAIRES
· SAINT JOSEPH ,PERE.PAR LE PAPE.
· lES EMIRATS ARABE UNIS
· FORUM DE DAVOS
· LA VAGUE VERTE

· LA TURQUIE
· ALLOCATIONS FAMILIALES
· ELECTIONS AMERICAINES
· ELECTIONS
· AVEC MACRON ?
· LES PARASITES
· MARITAIN
· 1200MILLARDS DE DOLLAR SUR LES INFRASTRUCTURES
· LAFILIERE
· LE CORAIL

Voir plus 

Abonnement au blog
Recevez les actualités de mon blog gratuitement :

Je comprends qu’en m’abonnant, je choisis explicitement de recevoir la newsletter du blog "papilacabane" et que je peux facilement et à tout moment me désinscrire.


Statistiques

Date de création : 30.11.2013
Dernière mise à jour : 12.12.2025
12184 articles


CANICULE

Publié le 01/07/2025 à 09:36 par papilacabane Tags : sur gratuit vie france saint presse jeux chez enfants article centre 2010 marne cadre

Canicule : les fleuves, un atout fraîcheur pour les villes en surchauffe

Analyse

Article réservé à nos abonnés. À Paris, sur le canal Saint-Martin, en 2023.

À Paris, sur le canal Saint-Martin, en 2023. Bruno DE HOGUES / ONLYPARIS

Samedi 5 juillet, les Parisiens pourront de nouveau plonger dans la Seine. Héritage des Jeux olympiques de 2024, la baignade urbaine s’inscrit dans une stratégie de lutte contre les fortes chaleurs, dans des métropoles où les zones de fraîcheur restent marginales.

Mardi 1er juillet, le thermomètre va de nouveau s’approcher des 40 °C en France. La troisième fois, en quelques jours. Si la situation est insoutenable sur l’ensemble du territoire, elle l’est d’autant plus dans les grandes villes. Les appartements se transforment en cocotte-minute, les transports en commun suent à pleines gouttes, l’asphalte surchauffé coupe le souffle… À Paris, pour trouver un brin de fraîcheur, les habitants pourront, dès samedi, se baigner dans la Seine. Une première, officiellement, depuis près de cent ans.

Trois sites de baignade seront accessibles jusqu’au 31 août : à Bercy, dans le 12earrondissement ; au pont Marie, dans le 4e arrondissement, en face de l’île Saint-Louis ; à Grenelle, dans le 15e arrondissement, près de la tour Eiffel. L’ouverture à la baignade dans le fleuve fait partie de l’héritage des Jeux olympiques de 2024 : « Un phénomène accélérateur unique », selon Pierre Rabadan, adjoint à la mairie de Paris, chargé des sports et de la Seine. Mais elle s’inscrit aussi dans une démarche de lutte contre les fortes chaleurs en ville.

34 jours de canicule par an en 2085 à Paris

« Rendre la Seine baignable, c’est répondre d’abord à un objectif d’adaptation au changement climatique », a déclaré la maire de Paris, Anne Hidalgo, lors d’une conférence de presse en mai dernier. À l’horizon 2085, plus de 34 jours de canicule par an pourraient être enregistrés à Paris selon les prévisions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) – contre environ 14 dans les années 2010 – avec des pics de température à 50 °C. Or Paris est la capitale européenne la plus meurtrière durant les épisodes de canicule – en moyenne 400 décès par an, selon une étude publiée dans The Lancet en 2023.

L’été, en période de fortes chaleurs, les piscines municipales de la capitale sont prises d’assaut, leurs bassins sont surpeuplés. Les dizaines de brumisateurs et les centaines de points d’eau disséminés dans les quartiers parisiens tournent à plein régime. « Dans un contexte de réchauffement climatique, et de vagues de chaleur toujours plus intenses, nous n’avons sûrement pas assez d’îlots de fraîcheur à Paris », reconnaît Pierre Rabadan.

Dans ce cadre, les grandes villes françaises se tournent vers les cours d’eau autour desquels elles ont été construites. À Paris, le fleuve devient un atout. « Dès les premières mobilisations pour la baignade dans la Seine, vers 2015, la préoccupation de rafraîchissement en ville était un des objectifs visés »,souligne Gabrielle Bouleau, chercheuse et directrice du Programme interdisciplinaire de recherches sur l’environnement de la Seine.

Une dépollution à 1,4 milliard

D’autant que les espaces de baignade en eaux vives temporaires sont moins coûteux que les piscines municipales, dont la consommation énergétique a explosé ces dernières années. L’eau de la Seine, elle, est actuellement à 25 °C. De quoi offrir, selon la politiste de l’eau, « un lieu de rafraîchissement gratuit, notamment pour les Parisiens qui ne partent pas en vacances l’été ». Et accroître la qualité de vie des habitants. Les fleuves sont la manière « la plus écologique et efficace de se rafraîchir dans les grandes villes », résume Roberto Epple, fondateur en 2002 du mouvement Big Jump, qui œuvre au retour de la baignade urbaine à travers l’Europe. Depuis quelques années, de nombreuses capitales, comme Berlin, mettent un point d’orgue à rendre de nouveau leurs fleuves accessibles aux nageurs.

Mais avant que la Seine ne soit baignable, il a d’abord fallu la dépolluer. Dans les années 1980, le fleuve était dans un état « pitoyable », rappelle l’hydrobiologiste et président du Réseau européen des rivières. En cas de fortes pluies, les eaux usées et pluviales y étaient parfois déversées. De nombreux chantiers ont donc été réalisés, visant aussi la Marne, pour un budget total de 1,4 milliard d’euros. Des bassins de rétention ont été construits – notamment celui d’Austerlitz – pour retenir les eaux de pluie, des stations d’épuration ont été modernisées, les 255 bateaux parisiens ont été raccordés au réseau d’assainissement…

« Escherichia coli », entérocoques… des risques sanitaires

Les principaux risques sanitaires viennent des bactéries fécales Escherichia coliet entérocoques. Des relevés seront réalisés chaque jour sur ces dernières et en cas de dépassement des seuils, des drapeaux pour interdire la baignade seront levés. Quant aux traces de pollutions chimiques – dues aux rejets industriels, agricoles ou urbains en amont – elles sont faibles, selon les experts.

Les arguments sur la propreté de la Seine suffiront-ils à pousser les plus récalcitrants à se jeter à l’eau, comme ont pu le faire Anne Hidalgo et Tony Estanguet en amont de l’ouverture des Jeux olympiques ? Seuls 16 % des Français – et 14 % des Franciliens – sont prêts à se baigner dans la Seine selon le dernier sondage, publié en juillet 2024. « Les habitants ont toujours une part de défiance envers la parole publique, regrette Pierre Rabadan. Mais les relevés quotidiens montrent bien que la baignade est sans risque. »

Des jauges de 150 ou 300 personnes maximum selon les sites

Pour l’adjoint à la mairie de Paris, l’enjeu sera vite tout autre : « Avec les fortes chaleurs, on va rapidement devoir gérer l’afflux de gens et se demander où on pourrait ouvrir de nouveaux sites. »Les jauges des zones ouvertes début juillet sont limitées entre 150 et 300 personnes selon les sites. Ce qui ne veut pas dire ouvrir la nage dans toute la Seine, martèle Pierre Rabadan. Les baignades resteront interdites sur le reste des berges. Les risques d’accidents, notamment dus aux courants et aux passages des bateaux, sont importants.

L’exemple de Paris a suscité l’intérêt d’autres grandes villes de l’Hexagone, alléchées à l’idée d’ouvrir des espaces de baignade dans leurs cours d’eau. Le 6 mai, la métropole de Lyon a présenté 21 sites potentiellement baignables. « Il y a une forte demande sociale pour atténuer les fortes chaleurs, on veut que les habitants puissent se baigner près de chez eux », confirme Pierre Athanase, vice-président de la métropole à l’environnement.

La capitale des Gaules est la ville de plus de 500 000 habitants la plus affectée par le réchauffement climatique. Les élus ont l’espoir d’ouvrir un premier lieu pour se rafraîchir au cœur de Lyon, dans la Saône, dès l’été 2027. Dimanche 29 juin, près de 250 Lyonnais se sont laissés porter par le courant, accrochés à des bouées, pour une baignade dérivante sur le Rhône fort encadrée. Un vrai bonheur, alors que thermomètre affichait 34 °C.

Dans quelles villes européennes peut-on déjà nager ?

À Belgrade (Serbie) et à Vienne (Autriche), dans le Danube. Le plus long fleuve d’Europe accueille les nageurs depuis de nombreuses années. Dans la capitale autrichienne, un vaste plan d’investissement a permis d’aménager de nombreux sites de baignade (97 % des eaux autrichiennes étaient d’excellente qualité en 2023).

À Bâle, dans le Rhin. Les Suisses n’ont jamais arrêté de s’y baigner. Les locaux comme les touristes sont même invités à se laisser porter par le fleuve, sur trois kilomètres, avec un balluchon jaune rempli de leurs vêtements qui fait office de bouée.

À Londres, dans la Tamise. Une zone de baignade unique existe dans le centre-ville. Mais il faut obtenir une autorisation de l’autorité portuaire de la Ville pour y nager, en raison des dangers dans une section fortement fréquentée du fleuve.