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Date de création : 30.11.2013
Dernière mise à jour : 09.03.2026
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LAGUERREPARLIRAN

Publié le 09/03/2026 à 08:29 par papilacabane Tags : image sur vie france place saint monde soi photo création nature

La guerre ne doit pas se réduire à l’apologie de la force

  • Bernard Bourdin
  • Dominicain
  • (Source photo : Bernard Bourdin)
  1. Alors que la guerre fait son retour, sous une forme à la fois mondialisée et fragmentée, Bernard Bourdin invite à puiser aux sources de la réflexion chrétienne pour définir ce qu’est une guerre juste. Et pour se donner les moyens de construire une communauté internationale capable de vivre en paix.

Après avoir vécu dans un monde pacifique pendant plus de cinquante ans, les Européens pouvaient imaginer que la guerre appartenait à un âge révolu. La chute du communisme a pu conforter cette illusion en leur donnant à penser que c’était la fin de l’histoire, selon la prophétie du philosophe américain Fukuyama. Or, la guerre est revenue d’une autre façon au point que ce ne soit pas une troisième guerre mondiale sur le modèle des deux précédentes, mais une guerre mondialisée, à l’image de la mondialisation technologique qui voit s’affronter des civilisations n’ayant pas la même conception de la vie collective.

Cette guerre mondialisée est, pour cette raison, à la fois bien plus mondiale que les deux précédentes et, comme le disait très justement le pape François, aussi une guerre par morceaux. Le retour de la guerre est mondialisé et fragmenté, y compris à l’intérieur des sociétés. Les démocraties occidentales (les États-Unis, la France…), où l’on voit s’affronter une ​guerre des identités qui traverse l’échiquier politique de la droite à la gauche, en apportent le triste exemple.

Un autre facteur de cette guerre mondialisée et fragmentée est l’opposition de plus en plus marquée entre les ­empires (États-Unis, Russie, ​Chine) entre eux d’une part, les empires et les États-nations historiques de l’Europe d’autre part. Face à ce rapport de rivalité entre les premiers et d’inégalité par rapport aux deuxièmes, les empires jouent une partie dangereuse entre eux et une partie facile avec les autres, comme on le voit avec la guerre russo-ukrainienne, ou bien avec la volonté annexionniste du président américain. On le voit aussi au Moyen-Orient, où la pax americana est sans doute en train de ​l’emporter en mettant l’Iran à terre. Avec le retour des empires (et leurs féodaux) qui font la loi par la puissance des bombes, la guerre mondialisée et fragmentée se confond avec la force pour établir la paix. La création par le président Trump d’un « conseil de paix », qui vient dupliquer le Conseil de sécurité de l’ONU, l’illustre parfaitement. Le monde est redevenu un vaste état de nature où le droit international a de moins en moins de place.

Dans ce contexte très belliqueux, que devient « l’Europe » ? Elle est au rouet car elle a échoué, jusqu’à présent, à se définir politiquement. Elle détient pourtant une clé. Ce n’est pas d’empires que le monde a besoin pour établir une communauté internationale digne de ce nom, mais comme l’indique l’acronyme de l’ONU… de nations unies. L’Europe politique ne se fera pas en se substituant à ses nations mais en en procédant. La guerre en Ukraine en constitue d’ailleurs l’exemple parfait.

Cette nation veut s’affranchir d’un empire. Son désir ​d’Europe n’est pas celui de se fondre dans un « empire technocratique », mais de trouver une sécurité légitime, comme toutes les nations qui appartenaient au bloc communiste, dans un ensemble plus vaste qu’est celui d’une confédération européenne. Une Europe politique ne se fera pas sans les États-nations qui la constituent, formes politiques qui ont pour eux l’expérience de l’histoire, des guerres  et de la réconciliation pour prendre l’exemple remarquable de l’Allemagne et de la France.

La question qui se pose à l’Europe se pose avec la même acuité du côté du christianisme et notamment de l’Église catholique. Que parvient-elle à dire qui soit audible au sein de cet état de nature mondial ? Inversement à l’agressivité guerrière des empires, la paix n’est pas concevable si le phénomène humain de la guerre n’est pas traité pour ce qu’il est. Le tragique fait partie de l’histoire.

Dès les premiers siècles de son existence, le christianisme l’a affronté. Depuis saint Augustin en particulier, l’Église a fixé des règles suffisamment rigoureuses pour que la guerre ne se confonde pas avec un rapport de force comme une fin en soi. La première de ces règles est qu’il revient à l’autorité légitime (l’autorité de l’État) de déclarer la guerre, que celle-ci doit ­répondre à une cause juste (la punition d’une injustice) et enfin que son intention soit droite (promouvoir le bien et éviter le mal).

À la lumière de ces trois critères, une guerre juste n’absolutise jamais l’ennemi, celui-ci reste toujours un humain qui a sa dignité propre et avec qui la réconciliation peut être un jour possible. Ce n’est pas par hasard si la guerre pour saint Thomas est intégrée dans Traité de la charité… Il n’y a pas de meilleure voie pour ne pas réduire la guerre à l’apologie de la force et la paix à un idéalisme moral qui ne prend pas au sérieux le droit légitime de se défendre.

Droit qui ne doit pas être confondu avec une guerre ​préventive. La guerre en soi n’existe pas, il n’existe que des types de guerres nourris par des motivations plus ou moins droites. C’est la tâche de la réflexion morale et politique de les éclairer, et l’Église catholique peut s’honorer de proposer des critères majeurs d’action pour l’édification d’une ​