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dans nos députés beaucoup ne servent à rien ,qu il soit de droite d'extrême droite ou la bande à mélenchon
Par Anonyme, le 28.08.2025
le"systême" s'est mis en place il y a logtemps à sept-fonds. deux "jeunes"moines , vers les années 7o, s'étaie
Par Yon, le 21.07.2025
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Date de création : 30.11.2013
Dernière mise à jour :
14.03.2026
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Les dilemmes des chrétiens dans l’obscurité de la guerre
Lors d’un discours du pape Léon XIV devant les membres de l'Ordinariat militaire pour l'Italie, au Vatican, le 7 mars.
Sur le coup de 3 heures ou 4 heures du matin, mardi 10 mars, le père Hani Tawk a pleuré. Submergé par l’angoisse d’une nouvelle entrée en guerre du Liban. Épuisé d’avoir passé la soirée à distribuer des repas dans sa cantine solidaire du nord de Beyrouth, où des milliers de réfugiés ont recommencé à affluer. « C’est grâce à la foi que je suis encore debout. Sinon, c’est l’enfer. »Submergé par la tristesse, encore, d’avoir appris la mort, la veille, de son ami Pierre El Raï, curé du village de Qlayaa tué par un tir d’obus israélien. « Un vrai pasteur qui aura résisté au point de verser son sang. »
Deux jours avant, alors qu’il refusait l’ordre d’évacuation de son village du sud du Liban, le père El Raï avait eu ces mots puissants : « Nous ne faisons que défendre notre terre(…). Aucun d’entre nous ne porte d’armes. Rien d’autre que(celles) de la paix, de la bonté, de l’amour et de la prière. »Sa mort, qui a ému jusqu’au Vatican, illustre brutalement le dilemme du chrétien : jusqu’où tenir la ligne d’une paix désarmée, devant un arsenal guerrier ? « Les chrétiens du Moyen-Orient vivent dans un environnement où les équilibres géopolitiques sont extrêmement durs : beaucoup ont le sentiment que leur sécurité dépend avant tout des rapports de force »,concède le père Hani.
De Beyrouth à Kiev, des casernes françaises aux théâtres d’opérations du Moyen-Orient, un malaise grandit devant la difficulté à faire coexister l’idéal évangélique de paix – cette paix« désarmée et désarmante », que le pape Léon XIV ne cesse de prêcher depuis son élection en mai dernier – et la brutalité d’un monde qui renoue avec la logique des empires, la dissuasion nucléaire et la course aux armements.
« L’évangélisme ne doit pas devenir un angélisme »,met en garde le dominicain Bernard Bourdin, philosophe politique à l’Institut catholique de Paris. Autrement dit : le pacifisme catholique ne peut se contenter de beaux principes sans affronter la complexité du réel. Une manière de pointer, en creux, des conséquences de la diplomatie du pape François sur la guerre russe en Ukraine ? En 2024, le pape argentin avait vanté le« courage »de la« négociation »dont devraient faire preuve, selon lui, les deux parties :« Je crois que le plus fort est celui qui voit la situation, pense au peuple, a le courage du drapeau blanc, pour négocier. »Des propos qui avaient provoqué l’indignation de l’Église grecque-catholique ukrainienne :« Les Ukrainiens ne peuvent cesser de se défendre, car la capitulation signifierait leur mort. Les intentions de la Russie sont claires et évidentes. »Pas de paix sans justice.
« Le christianisme n’a-t-il pas tendance à simplifier les choses ?,s’interrogeait alors la philosophe Marie Grand dans l’une de ses chroniques dansLa Croix. En s’empressant de valoriser ce qui nous rassemble, le christianisme prend-il suffisamment au sérieux ce qui nous sépare et nous oppose ? Comment peut-il garantir que le souci d’unité et de paix ne servira pas à enfouir les conflits, et à consolider les intérêts du plus fort ? », questionnait-elle.
Sur le terrain, les appels à la paix de l’Église résonnent surtout personnellement. En 2022, le prêtre grec-catholique ukrainien Michel Dymyd a perdu un fils, Artem, mort au combat à 27 ans. S’il croit fermement à la légitime défense d’un pays –« Il est de mon devoir d’essayer de protéger mon prochain des attaques » –, il s’acharne avant tout à cultiver la paix… en lui-même.« Je suis parvenu à ne pas haïr celui qui a tué mon fils, ne pas haïr la puissance derrière l’assassin, mais à voir en lui une personne, pour qui le Christ est aussi né. Voilà comment on peut en venir à tuer, par légitime défense, sans haïr. »
Pour les militaires catholiques, qui témoignent anonymement, la tension est encore plus aiguë. « Je suis rattrapé par le réalisme,confie Christian, officier français en opération extérieure au Moyen-Orient. Ce qu’on peut exiger d’un individu, on ne peut l’exiger d’une nation. Il faut dissocier ce qui relève de César, et ce qui relève de Dieu. »Cette démarcation ne l’empêche pas de relire chacune de ses missions à l’aune de la doctrine catholique de la « guerre juste » – un cadre moral qui demeure sa boussole sur le terrain.
Forgée au Moyen Âge par Thomasd’Aquin, elle pose trois conditions à la légitimité de la guerre : une cause juste, une autorité légitime, une intention de paix. Ce dilemme ne s’est pas posé dans les guerres dans lesquelles Christian a été engagé.« Mais je serais déchiré si j’étais un officier israélien aujourd’hui dans cette guerre qui n’est ni juste, ni morale »,dit-il, insistant :« Nous combattons parce que c’est notre devoir. Au Mali, lorsqu’il nous arrivait de neutraliser des terroristes, nous faisions toujours attention à ce que personne ne s’en réjouisse. »
Un anticorps loin d’être anodin, alors que la robotisation croissante de la guerre met de plus en plus à distance l’acte de donner la mort. « Un pilote qui tire depuis un écran et un homme qui tue au pistolet, cela n’a pas le même effet psychologique, abonde Timothée, officier des forces spéciales. C’est le grand danger de la guerre à distance : tu es moins conscient des dégâts que tu causes. » Témoignant que son enracinement catholique « irrigue » bien ses réflexes au combat, il confie, non sans lucidité : « Sur les drones, on disait qu’on n’en utiliserait jamais pour tuer – et on le fait maintenant. Nous n’avons pas vraiment le choix pour rester dans la course… »
Que peut alors apporter concrètement un chrétien dans un monde en guerre – non comme théoricien du juste combat, mais comme acteur de paix ?« Être chrétien dans la guerre, c’est toujours penser “au jour d’après”, penser que la politique et la diplomatie doivent rester premières. C’est savoir parler aux puissances belligérantes pour préparer la paix », avance le père Bourdin.
Valérie Régnier, présidente de Sant’Egidio France, en sait quelque chose. Cette communauté catholique œuvrant depuis 1968 pour la promotion de la paix a notamment contribué à mettre fin, en 1992, à seize ans de guerre civile au Mozambique – plus d’un million de morts. « Nous sommes allés sur place, nous avons attendu pour parler avec des personnes kalachnikov autour du cou. À un moment, il faut parler. »La paix signée cette année-là n’est pas tombée du ciel : elle a pris des années de prière, de présence discrète, d’inlassables va-et-vient entre des hommes qui se tuaient.
La prière pour la paix, pour les chrétiens, ne se cantonne pas à une sympathique résistance symbolique. Preuve en est, l’intuition fondatrice du mouvement d’Église Pax Christi : à l’hiver 1944, au cœur de la guerre, une catholique française ressentait intérieurement l’urgence de prier pour l’Allemagne. De cette prière improbable est né un mouvement présent aujourd’hui dans plus de 50 pays, sur de nombreux terrains de conflit, développant activement l’éducation à la paix. « La paix attend ses artisans, insiste Bérangère Savelieff, de Pax Christi-France. C’est un chantier ouvert à tous, pas seulement aux spécialistes, savants, ou stratèges. »
Malo Tresca et Héloïse de Neuville