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Dernière mise à jour : 16.03.2026
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LESELECTIONS

Publié le 22/04/2022 à 10:00 par papilacabane Tags : image prix sur vie france monde chez mode gagnant message pouvoir bonne moi fond

Un scrutin à cinq inconnues Le résultat de dimanche dépendra d’une mobilisation et de reports de voix particulièrement incertains cette année, notamment à gauche. Au-delà du nom du vainqueur, l’ampleur du vote blanc sera l’une des données les plus examinées. Un scrutin à cinq inconnues

 

Amaury Cornu/Hans Lucas

 

Un second tour d’France/election-presidentielle-dates-sondages-candidats-resultats-info" target="_self">élection présidentielle avec les deux mêmes finalistes qu’il y a cinq ans. Et pourtant un scrutin qui ne ressemble à aucune autre édition, au terme d’une campagne empêchée par la crise sanitaire puis rattrapée par la Monde/crise-ukrainienne" target="_self">guerre en Ukraine. Tel est le paradoxe de cette élection, qui cristallise une montée d’émotions – la peur notamment – et suscite en même temps beaucoup d’indifférence ou de défiance.

Cette campagne a soulevé plus de tensions que de passions, à l’image de l’ultime débat de l’entre-deux-tours, mercredi soir, qui n’a été suivi « que » par 15,6 millions de téléspectateurs, soit la pire audience depuis 1974. Et pourtant, deux projets politiques différents, antagonistes sur bien des aspects, s’y sont exprimés. Alors que ce week-end sera celui où les trois zones scolaires seront en période de congés de printemps, les citoyens se rendront-ils aux urnes ? La question de la participation au scrutin sera l’un des enjeux de cette élection qui en compte aussi bien d’autres.

Quelle sera l’ampleur de la désaffection électorale ?

Avec une campagne qui ne décollait pas, les sondeurs n’écartaient pas, en mars, que le record de 28,4 % d’abstention au premier tour de la présidentielle de 2002 soit battu le 10 avril. Finalement, elle a été de 26,3 %. Mais ce dimanche, la perspective qu’on atteigne un sommet historique pour un second tour est très possible. Selon la dernière vague de l’enquête Ipsos Sopra-Steria pour la Fondation Jean-Jaurès et Le Monde, publiée le 20 avril, 79 % des personnes se disent « presque certaines » d’aller voter, soit cinq points de moins qu’en 2017. Au-delà du contexte (congés, effets de la crise sanitaire…), les ressorts proprement politiques de cette faible motivation sont liés à l’offre du choix (le même qu’en 2017), au désarroi d’électeurs de droite et surtout de gauche (lire ci-contre).

Cette réalité devrait nourrir un autre comportement qui se développe depuis des années, le vote blanc. Jusqu’à la présidentielle de 2012, les votes blancs ou nuls étaient comptabilisés ensemble : 4,2 % des inscrits au deuxième tour de 2007, 4,7 % en 2012. En 2017, ils grimpent à 11,5 %, dont 8,5 % pour les seuls votes blancs. Cette distinction répond à une demande d’électeurs qui souhaitent qu’il soit reconnu officiellement comme un vrai choix. Tout laisse à penser qu’il montera dimanche, notamment chez les électeurs de France/Jean-Luc-Melenchon" target="_self">Jean-Luc Mélenchon au premier tour, et qu’il risque d’alimenter un procès en légitimité de l’élu(e). Martial Foucault, directeur du Cevipof (Sciences Po), juge cette réaction non fondée. « Sous la Ve République, tous les présidents, hormis Jacques Chirac en 2002, ont été élus avec une minorité en pourcentage non pas des électeurs mais des inscrits », rappelle-t-il.

Le politologue pense en revanche qu’une poussée du vote blanc relancera la réflexion sur une évolution du système électoral, avec notamment la question de l’introduction d’une dose de proportionnelle. « Le vote blanc ne traduit pas seulement une insatisfaction par rapport à l’offre de candidats, mais au fonctionnement même de notre système représentatif », analyse-t-il. En décembre 2018, en pleine crise des gilets jaunes, France/Politique/Emmanuel-Macron-2017-02-13" target="_self">Emmanuel Macron avait reconnu la nécessité d’une « loi électorale plus juste ». Si la désaffection électorale, par l’abstention ou le vote blanc, explose ce dimanche, ce chantier devra très vite être engagé.

Que vont faire les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de la gauche ?

Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième (21,95 %) au premier tour, vont jouer un rôle décisif dans le résultat du second tour. Après la masse des abstentionnistes, ils constituent en effet le premier groupe électoral éliminé le 10 avril. « Le comportement de cet électorat de plus de 7 millions de personnes compte énormément. Sur 100 électeurs de Jean-Luc Mélenchon au premier tour, 41 déclarent qu’ils vont s’abstenir, 39 qu’ils vont voter pour Emmanuel Macron et 20 pour Marine Le Pen », observe Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop. Avant d’ajouter : « Leur premier comportement traduit un non-choix entre la ”peste” et le “choléra”, mais avec une progression ces derniers jours du choix vers Emmanuel Macron. »

Leur position constitue une rupture par rapport à 2017, où les soutiens du candidat Insoumis s’étaient portés en majorité vers Emmanuel Macron. Réalisée du 13 au 16 avril, la consultation de L’Union populaire en vue du second tour auprès des 310 000 soutiens de la candidature de Jean-Luc Mélenchon a confirmé l’étiolement du front républicain qui avait opéré il y a cinq ans. Sur 215 292 participants, le vote blanc ou nul est arrivé en tête, à 37,65 %, puis le vote Emmanuel Macron, à 33,4 %, devant l’abstention, à 28,96 % (l’option de vote pour France/Marine-Le-Pen" target="_self">Marine Le Pen n’était pas proposée). Les deux tiers des soutiens de Jean-Luc Mélenchon ont donc choisi le vote blanc ou l’abstention, signe du fort rejet que suscite le président sortant.

C’est pourtant vers ce réservoir de voix qu’Emmanuel Macron se tourne, multipliant les gestes pour tenter de le convaincre. Une stratégie résumée en meeting à Marseille, où il a mentionné à deux reprises « l’avenir en commun », en référence au nom du programme de Jean-Luc Mélenchon, et fait un plaidoyer en faveur de l’écologie, promettant de nommer un premier ministre « directement chargé de la planification écologique ». Un message également adressé aux écologistes, qui se reportent de plus en plus vers lui, dans les intentions de vote.

Marine Le Pen va-t-elle unifier les électeurs de droite et d’extrême droite derrière elle ?

Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon sont aussi convoités par Marine Le Pen. Ce n’est pas un hasard si la candidate du Rassemblement national a soigné son image pour se montrer proche des préoccupations quotidiennes des Français et insisté sur ses propositions en matière de pouvoir d’achat pour faire face à l’inflation. Lors du débat télévisé face à Emmanuel Macron, elle a ainsi répété son idée de « rendre l’argent aux Français »,notamment par sa proposition de baisse de la TVA sur les énergies. En outre, Marine Le Pen n’a pas exclu, ces dernières semaines, de constituer, si elle est élue, un gouvernement « d’union nationale » avec des personnalités issues de « la gauche chevènementiste, c’est-à-dire d’une gauche souverainiste ».

Cette stratégie a suscité le trouble dans le camp de l’extrême droite. Il faut « faire attention, ne pas parler exclusivement aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon », a prévenu Marion Maréchal, vice-présidente exécutive du parti Reconquête ! d’Éric Zemmour. L’ancien polémiste a terminé quatrième au premier tour, à 7,07 %, soit près de 2,5 millions de voix. « Qu’elle n’oublie pas la droite, les valeurs de la droite », s’est aussi inquiété Guillaume Peltier, vice-président du même mouvement. Mais ce n’est pas dans ce compartiment de l’électorat que Marine Le Pen aura le plus de difficultés à mobiliser. « Les reports de voix sont satisfaisants chez les électeurs d’Éric Zemmour : elle en prend huit sur dix », souligne Frédéric Dabi.

Marine Le Pen ne devrait en revanche pas parvenir à réaliser « l’union des droites ». Seulement 20 % environ de l’électorat de la candidate de la droite, Valérie Pécresse, se reportent sur son nom. Plus de la moitié s’apprêtent à voter pour Emmanuel Macron, comme a annoncé le faire l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy. Une position plus claire que celle du parti Les Républicains, qui a affirmé qu’aucune voix n’irait à Marine Le Pen sans pour autant appeler à voter pour le président sortant, au motif qu’ils ne « sont fongibles ni dans le macronisme, ni dans le lepénisme ».

Emmanuel Macron peut-il rompre la malédiction du sortant ?

Le président sortant sera-t-il le premier à décrocher une réélection depuis Jacques Chirac en 2002 ? Quelques mois avant ce scrutin, son premier ministre socialiste, Lionel Jospin, était donné comme favori, porté par les bons résultats économiques. Mais la campagne électorale ne passionna pas les Français, et le premier tour du scrutin enregistra le record d’abstention sous la Ve République. Le choc de la qualification de Jean-Marie Le Pen provoqua une mobilisation monstre qui assura à Jacques Chirac une victoire avec 82 % des suffrages ! Depuis, Nicolas Sarkozy a échoué en 2012, et François Hollande a même dû renoncer à se représenter dès l’automne 2016.

L’accélération de la vie politique et l’affaiblissement des institutions expliquent cette difficulté à se faire réélire, alors même que les dirigeants affrontent une succession inédite de crises, financière en 2008, terroriste en 2015. Avec le mouvement des gilets jaunes de 2018 puis la pandémie au printemps 2020, Emmanuel Macron n’a pas été épargné. Mais sa victoire, dimanche, viendrait valider l’hypothèse que les grands systèmes idéologiques sont moins adaptés à ces temps de dérégulation qu’un mode d’exercice du pouvoir fondé sur la mobilité, l’adaptabilité et le pragmatisme, autant de traits caractéristiques de l’indéfinissable macronisme.

Son « en même temps », traduction d’un « et de droite et de gauche », lui a permis d’élargir l’espace central, repoussant l’opposition aux extrêmes. Cela dit, son éventuelle réélection sera un succès incontestable, mais pas encore une victoire. Car dès lundi matin s’ouvrira la bataille des législatives. Depuis l’instauration du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral (les législatives ont lieu en juin, après la présidentielle, et non plus en avril), les présidents élus sont plus assurés d’avoir une majorité confortable. Ce fut vrai pour Nicolas Sarkozy puis pour François Hollande, et plus encore pour Emmanuel Macron (348 sièges LREM et MoDem sur 577) en 2017. Cette édition sera toutefois plus incertaine. La recomposition politique engagée par Emmanuel Macron en 2017 ne s’est pas accompagnée de l’affirmation d’une nouvelle formation politique forte. Jean-Luc Mélenchon l’a bien compris, qui, déjà, appelle les Français à « l’élire » premier ministre en offrant une majorité législative à la gauche.

Marine Le Pen peut-elle briser le plafond de verre ?

Après son père Jean-Marie Le Pen en 2002, et pour la deuxième fois, Marine Le Pen accède au second tour d’une élection présidentielle. Entre 2017 et 2022, la candidate d’extrême droite a enregistré une progression au premier tour, gagnant deux points, de 21,30 % à 23,15 %. Pour autant, le défi est de taille pour franchir la dernière marche : elle doit, à la fois, rassembler ce qu’elle appelle la « gauche patriote » et la « droite des valeurs humaines », et transformer le rejet de beaucoup d’électeurs en « référendum anti-Macron ».

Les intentions de vote pour le second tour montrent cependant qu’elle marque le pas. Et si elle a mieux surmonté l’épreuve du débat télévisé, elle n’a pas échappé à ses contradictions, en particulier sur le blocage des prix et le rapport avec la Russie. « Entre les deux tours, elle n’a fait que perdre du terrain, note Frédéric Dabi. Elle a toujours un déficit dans des catégories essentielles : les plus de 65 ans, les diplômés et les cadres supérieurs, une France qui va bien. » Dans ces groupes, Marine Le Pen continue de représenter « un saut dans l’inconnu », selon le spécialiste des sondages. C’est ce qui pourrait lui manquer pour dépasser la barre des 50 % et percer le plafond de verre.

Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron, une fin de campagne sans ferveur et sans erreur Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron, une fin de campagne sans ferveur et sans erreur

 

S’il a remporté son débat, mercredi 20 avril, sur le fond face à Marine Le Pen, le président sortant Emmanuel Macron n’a pas convaincu sur la forme. Ludovic Marin/AFP

 

Pour Emmanuel Macron, la quinzaine a commencé par une bonne surprise – son score du premier tour – et s’achève sur une nette avance dans les sondages, qui le créditent de 53 à 56 % des intentions de vote. De ce point de vue, la campagne d’entre-deux-tours du président sortant est réussie.

→ ANALYSE. Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron, l’envie de convaincre et ses revers

Pour en arriver là, Emmanuel Macron a procédé par étapes au fil de ces deux semaines. D’abord, se poser en rassembleur et faire preuve d’attention à l’égard des candidats battus au premier tour. Dès le soir du 10 avril, il a promis une « nouvelle méthode ». Et, puisque le réservoir de voix est à gauche, c’est à gauche qu’il a donné des gages. Dès le lendemain, il amendait son projet de réforme des retraites, et cessait de mentionner ses mesures les plus « abrasives », comme il les a décrites lui-même, notamment la contrepartie au RSA ou la rémunération au mérite des enseignants.

Exposer son antagonisme avec l’extrême droite

Après une campagne de premier tour minimaliste, il a d’abord imposé son rythme en se déplaçant sur des terres défavorables. Une façon de créer un contraste avantageux avec Marine Le Pen qui, elle, se déplaçait en terrain conquis. La deuxième étape a consisté, justement, à installer le match avec la candidate du Rassemblement national (RN). Lors de son meeting à Marseille, Emmanuel Macron a ainsi utilisé l’écologie pour faire la jonction entre les signaux à gauche et la dénonciation du programme de sa rivale, qu’il a attaquée en la traitant de « climatosceptique ».

→ REPORTAGE. À Marseille, Macron passe au vert foncé

Le débat de mercredi 20 avril lui a permis d’exposer son antagonisme avec le projet de l’extrême droite, dans une confrontation que le président sortant a remportée sur le fond, à défaut de séduire sur la forme. Il a conclu ce rendez-vous en faisant du second tour « un référendum pour ou contre ce que nous sommes ».

Préserver sa légitimité future

À l’image de cette conclusion, Emmanuel Macron aura joué sa partition de candidat du front républicain. En faisant montre d’humilité parfois, comme dans un entretien à l’émission « Quotidien » : « Si les Français me font confiance le 24 avril, je sais très bien qu’il y a une partie des gens qui auront voté pour moi qui l’auront fait pour faire barrage au Front national. Et donc, ça ne veut pas dire qu’ils me font un chèque en blanc. » Mais en cherchant, aussi, à préserver sa légitimité future. « Au second tour, il n’y a pas de pureté », a-t-il ainsi estimé lors d’un déplacement au Havre, jeudi 14 avril. « Soit vous votez par adhésion à l’un des deux projets, soit vous choisissez celui qui en est le moins éloigné. »

→ RETROUVEZ dimanche à 20 heures les résultats du 2nd tour de l’élection présidentielle 2022 commune par commune

Quoi qu’il en dise, pourtant, le président aura multiplié les changements de pied dans sa quête de victoire. Souvent lancés à contrecœur, les nombreux appels à voter pour lui contre l’extrême droite en font le favori du second tour, mais sa campagne n’aura pas suscité de réel enthousiasme, à l’image de son meeting marseillais, qui n’a pas fait le plein. Le cas échéant, les jours suivant sa réélection diront quels enseignements il en tirera.

→ ÉDITO. Présidentielle 2022 : contre le choix du pire

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Exposer son antagonisme avec l’extrême droite

Après une campagne de premier tour minimaliste, il a d’abord imposé son rythme en se déplaçant sur des terres défavorables. Une façon de créer un contraste avantageux avec Marine Le Pen qui, elle, se déplaçait en terrain conquis. La deuxième étape a consisté, justement, à installer le match avec la candidate du Rassemblement national (RN). Lors de son meeting à Marseille, Emmanuel Macron a ainsi utilisé l’écologie pour faire la jonction entre les signaux à gauche et la dénonciation du programme de sa rivale, qu’il a attaquée en la traitant de « climatosceptique ».

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