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dans nos députés beaucoup ne servent à rien ,qu il soit de droite d'extrême droite ou la bande à mélenchon
Par Anonyme, le 28.08.2025
le"systême" s'est mis en place il y a logtemps à sept-fonds. deux "jeunes"moines , vers les années 7o, s'étaie
Par Yon, le 21.07.2025
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Par Anonyme, le 17.07.2025
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Par Anonyme, le 31.08.2024
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Par lutter-contre-coro, le 18.08.2024
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Date de création : 30.11.2013
Dernière mise à jour :
19.01.2026
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« Je ne me bats pas. Je laisse faire.» L’été 2018, l’acteur Jean-Louis Trintignant, annonçant qu’il renonçait à son traitement, « vieux et aveugle » comme il se décrivait, laissait le crabe achever de le dévorer. Depuis la mort de Marie, sa fille adorée, le 1er août 2003, sous les coups de son compagnon, l’acteur, ravagé, inconsolable, était affaibli. Marie, son plus grand bonheur devenu sa plus grande souffrance. Prostré pendant des mois, Jean-Louis Trintignant avait voulu en finir. Avant de puiser les ressources de vivre encore, toujours hanté par Marie, sa « chaleur d’oiseau », son « cœur craintif».
Dès l’enfance, Jean-Louis Trintignant, en délicatesse avec le bonheur, « pas gâté par l’optimisme», a souvent songé à se suicider. Né le 11 décembre 1930, à Piolenc, village du Vaucluse, d’un père industriel, maire de Pont Saint-Esprit et conseiller général du Gard, et d’une mère au foyer, tondue à la Libération. Pensionnaire à Avignon, il étouffe et rêve d’évasion. Le désir d’être comédien lui vient un soir en voyant Charles Dullin jouer L’Avare au Théâtre d’Aix-en-Provence.
Trop sensible, timide, il joue tête baisséeIl « monte »à Paris. D’une timidité maladive, doté d’un fort accent méridional qu’il s’emploiera à gommer, trop sensible, il joue tête baissée. Au TNP, cornaqué par Jean Vilar, il admire Gérard Philipe. Le théâtre demeurera son vrai port d’attache. Mais c’est le cinéma où il entre sans envie, poussé par son agent, qui révèle un comédien intrigant, choisi, dit-il, parce qu’il est « joli». Sa prestation face à Brigitte Bardot dans Et Dieu créa la femme, de Roger Vadim, déborde l’écran. Affolé d’être la proie des paparazzis, il n’en revient pas de vivre avec ce sex-symbol qui défraie la chronique.
Le visage lisse et la sobriété de son jeu marquent les rôles que lui offrent les metteurs en scène : pilote sentimental dans Un homme et une femme (Claude Lelouch), petit juge inflexible dans Z(Costa Gavras), catholique janséniste face au désir dans Ma nuit chez Maud (Éric Rohmer), fasciste dans LeConformiste(Bernardo Bertolucci), qu’il interprète, mâchoire serrée, tendu, pour dissimuler la peine et la révolte d’avoir perdu Paula, sa première fille, à l’âge de dix mois, pendant le tournage à Rome.
Comme beaucoup de comédiens de l’époque, il fait carrière en Italie dans les films de Valerio Zurlini, Dino Risi, Sergio Corbucci, Ettore Scola. Mais le public transalpin n’entendra jamais sa voix. Jean-Louis Trintignant est doublé.
Une voix, l’éclat d’une mélancolie, la douceur d’un sourireQue restera-t-il de Jean-Louis Trintignant, l’homme aux 180 rôles ? Une voix, grave, monocorde, traînante et envoûtante. Une présence forte, nimbée d’ambiguïté, une séduction feutrée, une retenue qui n’excluait pas des accès de violence, une finesse de jeu, l’éclat d’une mélancolie, la douceur d’un sourire, une manière de se tenir à distance, comme un chat solitaire. « Un acteur dostoïevskien. Il y a en lui des zones de lumière et de ténèbres, la lutte entre l’ange et le démon », résumait Éric Rohmer. Le goût du risque aussi, à l’écran comme dans la vie. Joueur de poker pour la part de concentration et de méchanceté, coureur automobile pour le plaisir sensuel de la vitesse et l’expérience des limites. L’alcool et la drogue à certaines périodes. Habitué aussi à détruire ses amours et ses amitiés.
Comme tous les dépressifs, Jean-Louis Trintignant cédait régulièrement à la tentation du renoncement. Il ne cessait d’annoncer ses adieux. Avant de revenir pour mieux clamer qu’il arrêtait. Aussi le vit-on, ces dernières années, de retour au cinéma (pour Mikaël Haneke, Claude Lelouch) et sur scène pour de magnifiques spectacles de poésie, sa source de vie face aux épreuves, déroulant Apollinaire, Aragon, Vian, Prévert, économe de ses effets, avec une profondeur, une justesse, une émotion tenue et bouleversante.
Peu dupe de sa gloire, minimisant ses talentsHomme secret, mystérieux, ironique et subtil, poli et impénétrable, fragile et déterminé, erratique dans ses choix de carrière (refusant les appels de États-Unis, les offres de Coppola et de Spielberg), privilégiant de petits films d’auteur. Peu dupe de sa gloire, minimisant ses talents, Jean-Louis Trintignant vivait, à l’écart du monde, aux côtés d’une ancienne championne de rallye (Marianne Hoepfner) dans sa propriété près d’Uzès, au milieu de son vignoble (Rouge Garance) et de ses oliviers. Les dernières années, vieillard vulnérable au regard d’éternel jeune homme, il semblait réclamer un sursis à la mort. Avec dignité. Comme toujours.
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Une vie multipleNaissance le 11 décembre 1930 à Piolenc (Vaucluse)
1951 : débute au théâtre
1956 : Et Dieu… créa la femme, de Roger Vadim
1966 : Un homme et une femme, de Claude Lelouch Palme d’or et Oscar
1969 : Z, de Costa-Gavras, Prix d’interprétation au festival de Cannes
1969 : Ma nuit chez Maud, d’Éric Rohmer
1970 : Le conformiste, de Bernardo Bertolucci
1980 : pilote aux 24 h du Mans
1983 : Vivement dimanche !, de François Truffaut
1984 : participe au Rallye de Monte-Carlo
1994 : Trois couleurs : Rouge, de Krzysztof Kieslowski et Regarde les hommes tomber, de Jacques Audiard
2003 : spectacle Poèmes à Lou, avec sa fille Marie
Août 2003 : mort de Marie
2011 : spectacle Trois poètes libertaires : Boris Vian, Jacques Prévert et Robert Desnos
2012 : Amour, de Michael Haneke, Palme d’or et Oscar, César du Meilleur acteur
2019 : Les plus belles années d’une vie, de Claude Lelouch