Thèmes

coup course sur mer base france place monde fond sur fond musique mort centre air 2010 message texte pouvoir place

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· CULTURE (69)
· L'ACTUALITE (65)
· JARDIN (80)
· LA LECTURE (114)
· HUMEUR,HUMOUR ! (47)
· LES SCIENCES (85)
· RELIGION (65)
· HISTOIRE DE LA FAMILLE (47)
· PRIER (70)
· POESIE (62)

Rechercher
Derniers commentaires Articles les plus lus

· MILLARDAIRES
· SAINT JOSEPH ,PERE.PAR LE PAPE.
· lES EMIRATS ARABE UNIS
· FORUM DE DAVOS
· LA VAGUE VERTE

· LA TURQUIE
· ALLOCATIONS FAMILIALES
· ELECTIONS AMERICAINES
· ELECTIONS
· AVEC MACRON ?
· LES PARASITES
· MARITAIN
· 1200MILLARDS DE DOLLAR SUR LES INFRASTRUCTURES
· LAFILIERE
· LE CORAIL

Voir plus 

Abonnement au blog
Recevez les actualités de mon blog gratuitement :

Je comprends qu’en m’abonnant, je choisis explicitement de recevoir la newsletter du blog "papilacabane" et que je peux facilement et à tout moment me désinscrire.


Statistiques

Date de création : 30.11.2013
Dernière mise à jour : 12.02.2026
12268 articles


NUCLEAIRE

Publié le 07/10/2022 à 08:34 par papilacabane Tags : course sur mer base france place monde fond sur fond musique mort centre air 2010 message texte pouvoir

Le monde entre dans un nouvel âge de la menace nucléaire La Russie multiplie les rappels à l’usage de la bombe depuis le début de la guerre en Ukraine. Après une parenthèse, les puissances nucléaires se sont lancées dans la modernisation de leur arsenal sur fond de rivalité accrue. Le monde entre dans un nouvel âge de la menace nucléaire

 

 

C’est une petite musique inquiétante venue de Russie depuis le début de la guerre contre l’Ukraine. Un air que répètent la télévision, l’entourage du président, voire le chef suprême lui-même à chaque étape du conflit : Vladimir Poutine se tient prêt à activer « Tcheget », la mallette nucléaire, en cas de menace contre les intérêts vitaux de son pays. Il vient encore de faire une allusion à la bombe au détour d’un discours à la nation le jour de l’annexion de nouveaux territoires ukrainiens. Le chef du Kremlin a glissé à propos des bombardements américains sur Hiroshima et Nagasaki : « Ils ont créé un précédent. »Un rappel en forme d’avertissement adressé aux Occidentaux.

En mettant dès le mois de février ses forces stratégiques en alerte, la Russie a placé de fait l’invasion de l’Ukraine à l’ombre de son parapluie nucléaire. Intervenir directement auprès des Ukrainiens, c’est s’exposer à une riposte « rapide et foudroyante ». « Ce que font les autorités russes relève du concept de sanctuarisation agressive, note Isabelle Facon, spécialiste de l’outil militaire russe à la Fondation pour la recherche stratégique. La Russie pousse ses armées en espérant que ses suggestions sur son potentiel nucléaire puissent influencer les décisions de l’Ukraine et de ses soutiens dans un sens favorable à ses intérêts. » Message reçu 5 sur 5 à l’Otan. L’idée d’une zone d’exclusion aérienne a été écartée malgré les appels pressants du gouvernement de Kiev.

Soixante ans après la crise des missiles de Cuba, le monde est entré de plain-pied dans un nouvel âge de la menace nucléaire. Ce glissement a démarré par les avertissements russes à la suite de l’annexion de la Crimée en 2014, suivis des échanges belliqueux entre le leader nord-coréen Kim Jong-un et l’ancien président Donald Trump, sans parler des poussées de fièvre régulières entre Pakistanais et Indiens.

«Le discours s’est décomplexé que ce soit dans les États dotés d’armes nucléaires et signataires du Traité sur la non-prolifération(États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine) ou dans les pays non signataires qui en disposent(Israël, Pakistan, Inde, Corée du Nord) », observe Héloïse Fayet, chercheuse au centre des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales (Ifri).

La parenthèse du désarmement semble bel et bien derrière nous. À la fin de la guerre froide, les grandes nations dotées de « la bombe » avaient en effet commencé à réduire le nombre de têtes nucléaires, passant de 64 099 en 1986 à quelque 12 000 aujourd’hui. « Dans les années 1990, la modernisation et l’accroissement des stocks n’étaient pas à l’ordre du jour », poursuit Héloïse Fayet, qui note une inflexion à partir de 2007, date des premiers discours de rupture avec l’Occident prononcés par Vladimir Poutine. La décennie suivante est marquée par le renforcement des budgets consacrés aux armes de destruction massive, de Pékin à Washington en passant par Moscou et Paris.

Dans la course aux nouvelles technologies, ce sont les Russes qui ont pris une longueur d’avance en testant avec succès des engins hypersoniques, censés être en mesure de déjouer les défenses. Leurs alliés chinois ont prévu de doubler leur stock d’ici à 2027, selon le renseignement américain, qui surveille la construction de dizaines de silos nucléaires. Les Américains ne sont pas en reste avec 1 200 milliards d’euros dépensés afin de se doter de nouveaux bombardiers et missiles. Le Royaume-Uni, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord (qui a lancé un missile balistique au-dessus du Japon le 4 octobre) sont aussi engagés dans l’amélioration de leur arsenal.

Cette inquiétante course aux armements s’accompagne du retrait américain de plusieurs traités signés durant la guerre froide (lire les repères).« À l’époque de la guerre froide, les risques étaient considérables, mais les pays étaient capables de se parler pour mettre en place des initiatives de désarmement, rappelle Héloïse Fayet. On imagine mal aujourd’hui les dirigeants américains et russes s’installer autour d’une table. »

Depuis l’arrêt des rencontres Otan-Russie à Bruxelles, les espaces de discussion formalisés se limitent désormais aux réunions du Conseil de sécurité de l’ONU, dernier lieu où les cinq puissances peuvent échanger ouvertement sur leurs doctrines nucléaires respectives. Si chacun y accuse son voisin d’avoir étendu le spectre de l’emploi de l’arme au cours de la dernière décennie, dans les faits, celles-ci se veulent avant tout défensives. En dernier recours, le président peut appuyer sur le bouton rouge en cas d’agression portant atteinte à « l’existence » ou à « l’intérêt vital » de l’État, autant de notions volontairement am­biguës qui entourent la dissuasion nucléaire.

Le 21 septembre, Vladimir Poutine a agité le risque de représailles nucléaires afin de défendre « l’intégrité territoriale »de la Russie. Mais ira-t-il jusqu’à bombarder l’Ukraine, lancée dans la reconquête de Kherson, du Donbass et de Zaporijjia ? La plupart des experts militaires en doute. «À mon sens, il n’y a pas de changement de la doctrine nucléaire russe, estime Igor Delanoë, directeur adjoint de l’Observatoire franco-russe. La rhétorique du Kremlin est avant tout destinée à faire peur aux opinions occidentales afin qu’elles fassent pression sur leurs gouvernements. »

L’option d’une frappe dissuasive, au moyen d’une bombe nucléaire de faible intensité, a été évoquée par des proches du pouvoir russe. Il pourrait s’agir d’une frappe de type Hiroshima en miniature, destinée à effrayer les Ukrainiens et leurs alliés. Mais pour quel objectif ? Une ville ? Une zone de concentration de soldats ? «L’intérêt militaire est minime compte tenu de la dispersion des troupes, sans parler du risque très élevé d’isolement sur la scène diplomatique. Les Russes comprennent qu’attaquer l’ennemi pour défendre un territoire annexé ne peut légitimer une ligne rouge », pense Pavel Podvig, chercheur à l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement (Unidir), à Genève.

Le déploiement de telles armes, entreposées dans 47 sites répertoriés surveillés en permanence par le renseignement américain, ne passerait sans doute pas inaperçu. « Les Occidentaux auraient le temps d’envoyer des signaux à l’agresseur, par tous les canaux, estime aussi le vice-amiral Jean-Louis Lozier, désormais conseiller au centre de sécurité de l’Ifri. Et si les Russes franchissaient le Rubicon, il faudrait alors envisager en retour des frappes conventionnelles sur des objectifs militaires. N’oublions pas que d’autres puissances asiatiques observent de près comment la Russie utilise l’intimidation nucléaire. »

La France garde son cap en matière de dissuasion Sur l’usage de la bombe nucléaire, les présidents français s’inscrivent dans la continuité doctrinale.

Officiellement, rien n’a changé côté français. Face aux gesticulations russes sur l’arme nucléaire, Paris évite l’escalade verbale et politique. En coulisse, au moins un signal a été envoyé discrètement au Kremlin : Le Téméraire, un sous-marin porteur de missiles nucléaires, a quitté sa base, a dévoilé en mars dernier Le Télégramme, alors que deux autres submersibles de sa classe étaient déjà en opération. Pour la première fois depuis la guerre froide, trois des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins se sont trouvés simultanément en mer pendant quelque temps. Un déploiement qui ne relevait pas de la coïncidence, aux dires des experts.

Les règles de la dissuasion à la française n’ont cependant pas changé à la faveur de la guerre en Ukraine : la France conserve une doctrine exclusivement défensive de l’usage de la bombe. Celle-ci vise à décourager n’importe quel agresseur éventuel sous peine de se voir infliger « des dommages absolument inacceptables ». Spécificité française, les autorités s’autorisent aussi « un avertissement nucléaire, unique et non renouvelable », sous la forme d’une frappe, sans doute sur une installation militaire, d’un État qui menacerait ses « intérêts vitaux ».

C’est au président et à lui seul de décider ce qui relève ou nom « des intérêts vitaux » de la France, dont la liste demeure secrète, en vertu de l’ambiguïté qu’entretiennent toutes les puissances dotées de la bombe. « La doctrine française est moins détaillée que celle de la Russie ou des États-Unis, rappelle Héloïse Fayet, chercheuse au centre des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Il n’existe pas de texte formalisé. Ce sont les discours prononcés par les présidents successifs qui forment notre approche de la dissuasion. »

Dernier en date, le texte lu par Emmanuel Macron à l’École de guerre, le 7 février 2020. S’inscrivant dans la continuité doctrinale de ses prédécesseurs, il a toutefois précisé que « les intérêts vitaux de la France avaient désormais une dimension européenne ». Sans être une dissuasion « élargie » au sens américain du terme (riposte nucléaire en cas d’attaque visant un allié proche), Paris pourrait donc avoir recours à la bombe en cas d’attaque d’un pays de l’UE. Une précision qui, cependant, n’est pas une totale nouveauté dans la doctrine : dès 1963, le général de Gaulle s’était réservé la possibilité d’un tel usage afin de défendre un pays allié.

À la fin de la guerre froide, les autorités françaises ont renoncé au nucléaire tactique, autrement dit de plus faible puissance, une arme dont on discute beaucoup depuis le début de la guerre en Ukraine. Suivant la voie empruntée par François Mitterrand, le président Jacques Chirac a supprimé les missiles sol-sol à moyenne portée du plateau d’Albion et mis un terme à toute distinction entre bombes « tactiques » et « stratégiques ». « On considère depuis lors que tout emploi de l’arme nucléaire aurait nécessairement un caractère stratégique »,écrit Bruno Tertrais dans Quel avenir pour la dissuasion nucléaire ? (Fondapol, octobre 2022).

Aucun président français de la Ve République n’a jamais remis en question le principe de la dissuasion. « Au début des années 2010, ce n’était pas le sujet d’intérêt pour mes collègues de l’état-major, qui se focalisaient sur la guerre en Afghanistan, se souvient le vice-amiral d’escadre Jean-Louis Lozier, qui était chef de la division Forces nucléaires de l’état-major des armées de 2012 à 2014. Il faut souligner le rôle du présidentFrançois Hollande, qui a donné le feu vert aux programmes de modernisation. »

L’actuelle loi de programmation militaire prévoit ainsi de consacrer 37 milliards d’euros à l’entretien et la modernisation de l’arsenal nucléaire français entre 2019 et 2025, soit 12,5 % de l’enveloppe globale accordée à la défense sur sept ans. Après plusieurs années d’études et de développement, le gouvernement vient de passer commande, début 2022, du premier SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d’engins) de 3e génération, qui remplacera la génération actuelle à partir de 2035.