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Date de création : 30.11.2013
Dernière mise à jour :
14.02.2026
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Critique
Lecture en 3 min.
Charité bien ordonnée. De saint Augustin à Goethe. Six études
d’Alberto Frigo
Cerf, 334 p., 24 €
« Charité bien ordonnée commence par soi-même. » L’adage est connu. Mais s’accorde-t-il bien avec la Bible ? Saint Paul n’affirme-t-il pas que la charité ne cherche pas son intérêt (1 Co 13, 5) ? Et « si l’amour de soi est premier, quels sont les autres amours qui devraient s’y ordonner ? Et surtout, comment définir le bon ordre ? »
→ RELIRE.« Voici la servante du Seigneur »
C’est à ces questions que cherche à répondre Alberto Frigo, professeur d’histoire de la philosophie à Milan. Pour cela, ce spécialiste de Pascal s’intéresse à la trajectoire de l’idée de « l’ordre de la charité » et des usages qui en ont été faits au fil des siècles. Nombreux sont les auteurs qui s’en sont emparés et l’ont refaçonnée « de saint Augustin à saint Bernard, saint Bonaventure et saint Thomas ; de Montaigne à Descartes, Pascal et Fénelon ; de Leibniz à Goethe et jusqu’à Max Scheler, Hannah Arendt et Karl Rahner ».
La Charité - huile sur bois de Lucas Cranach l’Ancien (1472-1553). / Lucas Cranach l’Ancien/www.lacollection.eu
Au fil des siècles et des contextes, l’idée d’ordre de la charité fait montre d’une grande plasticité. C’est ce que montre Alberto Frigo en procédant à des « sondages ciblés », à commencer par saint Augustin chez qui l’ordre de la charité (ordo amorisou ordo charitatis) constitue « la clé conceptuelle » autour de laquelle s’organise toute sa réflexion sur la morale chrétienne, avec les quatre directions ou objets d’une charité bien ordonnée : Dieu, le prochain, moi-même et les corps.
Mais l’amour de soi (dilectio sui)dont il est question dans l’adage semble ne pas ressortir de cette problématique de l’ordo charitatis : « L’amour de soi, c’est-à-dire de notre corps et de notre âme, ne tombe pas sous un précepte »,écrit le philosophe. Il s’agit « d’une nécessité naturelle, dont on reconnaît la légitimité en tant qu’élément inséparable – au fond – de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain, quitte à la condamner, au contraire, si elle se replie sur elle-même, en se muant en orgueil ». C’est pourquoi la paternité de la maxime « charitas bene ordinata incipit a seipso »peut difficilement être attribuée à saint Augustin.
→ RELIRE.Une vie cachée chez les Soeurs de la Charité
On trouve cependant chez ce Père de l’Église une formule qui semble proche dans l’Enchiridion ad Laurentium: « Celui qui veut faire l’aumône de manière ordonnée doit commencer par soi-même. »C’est certes reconnaître la priorité réservée aux parents et aux proches en matière d’aumône mais Augustin ne fait pas ici mention de l’ordre de charité. Ce sont les juristes – canonistes et romanistes –, quelques siècles plus tard, qui établissent un lien entre cette formule de l’Enchiridionet l’ordre de la charité, pour juger de l’attitude d’un homme, qui, lors d’un sinistre, « se débarrasse des biens d’autrui pour sauver sa propre marchandise » : la référence à l’ordo charitatis rend légitime la « sauvegarde avant tout de ce qui nous appartient, nos biens ou le bien par excellence qu’est notre vie ».
L’ordo charitatisse charge donc d’une signification nouvelle, mettant les théologiens dans l’inconfort « de devoir concilier la maxime sur la charité bien ordonnée avec une tradition dont elle semblait relever, mais qui finalement n’était pas capable de l’accueillir ». D’où leur recherche de solutions pour sortir par le haut de cette tension : « Le théologien ne peut souscrire au dicton sur l’ordo charitatis qu’en donnant une lecture plus sophistiquée de l’amour de soi ».
Après avoir interrogé les ambiguïtés d’un proverbe qui « existait probablement avant que les juristes ne l’utilisassent »,Alberto Frigo poursuit son interrogation sur la « vitalité inépuisable » de l’ordo charitatis, une « idée cellule » selon l’expression de Jean Deprun, c’est-à-dire capable d’« entrer dans plusieurs sortes d’“organismes”, en donnant lieu à des manifestations proches et pourtant différentes d’un même principe d’animation ».Ce qui le conduit à examiner l’articulation de l’amour de soi à la charité puis à analyser les rapports entre charité et sacrifice quand il s’agit de servir le bien commun. L’ouvrage est certes érudit mais l’auteur, qui livre le résultat d’une dizaine d’années de recherches, sait captiver le lecteur dans sa confrontation avec de nombreux auteurs qu’il n’hésite pas à citer longuement.