Thèmes

soi sur vie moi france saint chez homme femme mort centre fille dieu coupable pouvoir place

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· CULTURE (69)
· L'ACTUALITE (65)
· JARDIN (80)
· LA LECTURE (114)
· HUMEUR,HUMOUR ! (47)
· LES SCIENCES (85)
· RELIGION (65)
· HISTOIRE DE LA FAMILLE (47)
· PRIER (70)
· POESIE (62)

Rechercher
Derniers commentaires Articles les plus lus

· MILLARDAIRES
· SAINT JOSEPH ,PERE.PAR LE PAPE.
· lES EMIRATS ARABE UNIS
· FORUM DE DAVOS
· LA VAGUE VERTE

· LA TURQUIE
· ALLOCATIONS FAMILIALES
· ELECTIONS AMERICAINES
· ELECTIONS
· AVEC MACRON ?
· LES PARASITES
· MARITAIN
· 1200MILLARDS DE DOLLAR SUR LES INFRASTRUCTURES
· LAFILIERE
· LE CORAIL

Voir plus 

Abonnement au blog
Recevez les actualités de mon blog gratuitement :

Je comprends qu’en m’abonnant, je choisis explicitement de recevoir la newsletter du blog "papilacabane" et que je peux facilement et à tout moment me désinscrire.


Statistiques

Date de création : 30.11.2013
Dernière mise à jour : 20.02.2026
12282 articles


AU BATACLAN LA CULPABILITE DU SURVIVANT

Publié le 13/10/2021 à 17:08 par papilacabane Tags : sur vie moi france saint chez homme femme mort centre fille dieu coupable pouvoir
Depuis cinq jours, la cour d'assises de Paris entend les personnes qui sont sorties vivantes de la salle de concert. Des rescapés qui, pour beaucoup, se sentent coupables d’avoir survécu ou de ne pas avoir pu aider ce soir-là des blessés restés à l’intérieur du Bataclan. La culpabilité aussi, parfois, de ne pas arriver à aller mieux, six ans après. Au procès des attentats du 13 novembre, la culpabilité des survivants du Bataclan Abonnés

Récit

Lecture en 4 min.

Au procès des attentats du 13 novembre, la culpabilité des survivants du Bataclan

 

Du personnel de soutien psychologique est présent pour accompagner les victimes des attentats du 13 novembre présentes au procès.  Ian Langsdon/EPA/MaxPPP

 

Ce soir du 13 novembre, ils sont ressortis vivants du Bataclan. Sans toujours trop savoir comment, ni pourquoi. Le corps parfois meurtri et couvert de sang, le leur ou celui des autres. Et la tête pleine d’images impossibles à effacer. Des rescapés qui, certes, mesurent toute la chance qu’ils ont eue, ce soir-là, de ne pas avoir été mortellement fauchés par les balles des kalachnikovs. Mais qui, six ans après, bien malgré eux, portent cette drôle d’étiquette de survivants qui n’arrivent pas à revivre. Parce qu’une partie d’eux-mêmes est restée au Bataclan. Dans cette salle de concert où, par une douce soirée d’automne, le terrorisme a tué 90 personnes. Mais pas eux. « Je culpabilise par rapport aux victimes décédées, qui ne peuvent plus rien faire. Alors que moi, j’ai la chance d’être totalement indemne et je ne fais rien de ma vie »,confie Émilie, 35 ans.

→ RÉCIT. Au procès des attentats du 13 novembre, « nous avons eu de la chance, de la chance, de la chance »

Voilà maintenant cinq jours que la cour d’assises de Paris écoute les victimes du Bataclan. Les mots, parfois cassés par les sanglots, de ceux et celles qui, pour beaucoup, ont « fait le mort », couchés dans cette fosse, sans faire le moindre geste pour ne pas attirer l’attention des trois terroristes. « On était complètement impuissant, face contre terre, sans savoir qui prendrait la prochaine balle. On était presque soulagé de ne pas être la cible suivante. Tout en sachant que c’était aux dépens de quelqu’un. C’était totalement inhumain »,raconte Jean-Marc, sans rien cacher de la culpabilité ressentie à ce moment-là.

Sentiment d’impuissance à ne pouvoir aider les blessés

La culpabilité du survivant. À un moment ou un autre, pratiquement toutes ces parties civiles finissent par en parler. La culpabilité d’avoir quitté cette salle de concert sans avoir pu aider ceux qui y sont restés. À la barre, Tom, un jeune homme venu d’Angers, raconte ce moment où les terroristes ont quitté le rez-de-chaussée pour monter à l’étage. Un instant crucial. Dans la fosse, de nombreuses personnes se lèvent alors pour s’enfuir. Et Tom aperçoit son ami Arthur sur le point de se faire piétiner. Il va se porter à son secours quand une main lui retient la jambe. « C’était la main d’un gars à côté de moi que je croyais mort depuis le début, raconte Tom. Je le regarde et je lui fais comprendre que ce n’est pas lui que je vais sauver là mais mon ami. J’avais besoin de mes deux bras pour sauver Arthur. J’ai fait un calcul froid. »

Six ans après, Tom n’a pas oublié cet inconnu. «Je le vois tous les jours dans mes cauchemars », dit le jeune homme. « Je m’excuse pour ses parents, sa famille »,ajoute-t-il. Une impuissance ressentie par tant d’autres ce soir-là. « J’ai vu une femme à genoux, le visage en sang, qui me regardait mais je ne pouvais pas l’aider », se souvient Gilles, solide barbu aux cheveux longs. « Il y a un couple qui m’a beaucoup frappé. Ils s’étaient retrouvés dos à dos, sans pouvoir se parler, ni se regarder. La femme avait une énorme blessure à l’épaule. Elle suffoquait. Je ne savais pas quoi faire »,murmure Richard.

La culpabilité de peiner ses proches

Des moments de sidération où, allongés sur le sol, beaucoup ont été convaincus qu’ils ne sortiraient jamais vivants. Plein de culpabilité face au malheur qui allait submerger leurs proches. « Je n’ai pas d’enfant. Et je me dis que la pire chose qui pourrait m’arriver, ce serait de perdre mon frère ou l’une de mes deux sœurs », raconte Alix en ajoutant qu’elle s’en est alors « voulu », d’être venue à ce concert où elle allait mourir. « Je me suis dit que j’allais gâcher leur vie »,confie-t-elle.

Des proches qui, eux aussi, ont pris ce tsunami en pleine figure. « Je ressens de la culpabilité vis-à-vis de ma femme Audrey pour lui faire subir mes sautes d’humeur, ces incompréhensions, mes silences. Et j’ai aussi de la culpabilité pour ma fille qui, chaque matin, me demande si elle va me revoir le soir »,confie Richard.

La honte aussi, parfois, de ne pas parvenir à aller mieux. De ne pas « être à la hauteur »de cette vie que la chance, le hasard, le destin peut-être, ont préservée ce soir-là. « Il y a la culpabilité de ce qu’on a fait ou pas fait ce soir-là », explique une autre jeune femme, elle aussi prénommée Alix. « Je me sens coupable d’exister, de ne pas faire assez bien. Tant de vies ont été fauchées, et moi, j’ai l’impression de ne pas vivre la mienne ».

------------------------------

« On traite le syndrome du survivant par des thérapies cognitives »

Patrice Louville,psychiatre au centre régional du psycho-traumatismeAP-HP Centre - Sud

« Le syndrome du survivant est une entité clinique décrite depuis longtemps chez les militaires mais qu’on voit désormais aussi chez des civils, par exemple des victimes d’attentats. Ces personnes sont envahies par des croyances qui les conduisent à se sentir responsables de l’événement et à revisiter très négativement leur comportement qui, le plus souvent, a été adapté. On traite ce syndrome par des thérapies cognitives pour aider les gens à rediscuter ces croyances et avoir un point de vue plus en rapport avec la réalité, en comprenant qu’ils ne sont pas coupables de ce qui s’est passé. »

→ VIDÉO. La foi à l’épreuve des attentats (1/4).Attentats du 13 novembre 2015 : « Je ne peux pas avoir la douleur et la haine, c’est impossible »

→ VIDÉO. La foi à l’épreuve des attentats (2/4).Attentats du 13 novembre 2015 : « Pourquoi Dieu s’était-il mis en RTT ce jour-là ? »